De l’influence des nouvelles extensions de domaine sur le SEO

Publié le 28 novembre 2016

Entretien croisé avec Benjamin Louis (Membre du Conseil d’Administration de l’Afnic et manageur du .alsace), et Simon Vissol (Directeur Conseil SEO chez Activis).

benjamin Louis & Simon Vissol

Q : Quelles sont les opportunités SEO des nouvelles extensions de domaine ?

BL : En termes de communication, les nouvelles extensions sont autant de possibilités de communiquer sur des adresses de sites en propre et intelligibles, a contrario des URL sur Facebook, Twitter, ou encore des répertoires de domaines « classiques ». Ainsi en renforçant un point de contact unique, le poids du site s’en trouve renforcé.

SV : Un moteur de recherche analyse par définition du contenu. Le domaine est, comme on le sait un de ces éléments. Les nouvelles extensions deviennent une opportunité supplémentaire pour renforcer la précision des mots-clés utilisés dans le domaine. On peut même aller jusqu’à rechercher l’effet « exact match » (hotel.paris, shop.bike, vacances.alsace, etc…) qui forcément n’est pas aussi prégnant avec les extensions génériques.

La multiplicité des nouvelles extensions peut donc être un démultiplicateur d’opportunités, particulièrement pour ceux qui recherchent « l’exact match domain ».

BL : les nouveaux domaines peuvent aussi apporter un soutien important au renforcement de la marque. Outre la réduction de la pression des questions juridiques liées à la protection des marques / domaines, il est à nouveau possible de viser l’exact match marque-domaine ou créer des marques qui sont aussi des noms de domaine (ex : cofee.club VS cofee-club.com). La créativité est largement favorisée par ces nouvelles extensions. Bien entendu un des intérêts majeurs de ces extensions est leur grande disponibilité. Combien d’entreprises ou de start-ups se cassent la tête pour trouver des noms originaux et différentiants qui sont déjà pris dans les extensions traditionnelles ?

SV : Les nouvelles extensions sont parfois également des opportunités pour les acteurs du SEO de placer dans les pages de résultat de recherches des éléments supplémentaires. On connaît l’occupation du terrain avec le site officiel, un ou deux sous-domaines, la page Facebook, le blog, etc…Maintenant des extensions de marque (Ex : le « .orange ») permettent d’utiliser des domaines pour chacune des activités de l’entreprise (assistance.orange, telephones-mobiles.orange...). Une chance en plus de truster les résultats dans les moteurs.

BL : Question performance dans Google, toutes les entités qui ont créé une extension géographique (.paris .corsica .alsace .berlin .amsterdam… 51 en tout dans le monde) ont derrière la tête, l’idée que leur extension représentera un jour un avantage pour les requêtes faites par une personne geolocalisée (PC ou smartphone) dans le territoire concerné.

En France une étude approfondie à la suite du premier concours SEO du .alsace a permis de vérifier que, comme Google l’avait affirmé, l’extension locale est traitée à ce jour par l’algorithme comme le .com : les sites en .alsace sont aussi performants que .com que l’internaute fasse sa requête depuis Colmar, de Paris, de Hong-Kong ou de Rio. Et c’est une très bonne nouvelle ! J’ai souvent des questions du type : « mais mon site en .alsace il est visible que par les alsaciens ? ». Ou des hôteliers par exemple qui hésitent à passer leur site sur du .alsace alors qu’ils ont trouvé un beau nom de domaine.

En se projetant un peu, nous sommes convaincus que dans les mois qui viennent, Google considérera les extensions locales comme l’extension d’un territoire. Ainsi les sites en .alsace finiront-ils par avoir un petit avantage pour les internautes localisées en Alsace. Cela ne dédouane bien entendu pas du travail d’optimisation. Le jour où les extensions géographiques auront un avantage local, celles-ci deviendront incontournables dans les stratégies web.

Remarque :  le tout premier domaine d’une nouvelle extension est « nic.extension » (tout le monde se souvent de nic.com ou nic.fr). Tous les registres commencent avec ce domaine pendant quelques mois le temps de collecter les demandes et contacts avant commercialisation.

 

Q : Les nouveaux domaines et l’influence du facteur historique

BL : Le critère de l’ancienneté d’un domaine est important mais véhicule aussi bien les aspects positifs que négatifs. En allant s’approvisionner sur des plateformes spécialisées de « domaines d’occasion » on n’est pas certain de la qualité de cet historique pour peu qu’il soit significatif.

SV : Les nouvelles extensions proposent des domaines par définition tout neufs qui n’ont pas d’historique. De ce fait s’ils servent de base à la création d’un site, il faudra travailler dur pour créer une environnement riche en Backlinks nécessaires pour construire un historique. Et le chemin peut être long.

Cependant rien n’empêche de migrer un domaine avec une ancienne extension générique vers une nouvelle extension. En termes de migration, le transfert de l’historique vers le nouveau domaine se passe très bien. Mais attention, il faut y porter toute l’attention nécessaire. Une migration ça se gère !

Néanmoins, si l’historique et les backlinks d’un domaine sont importants, ils peuvent aussi être manipulés. Google le sait depuis longtemps, et réduit depuis quelques temps le poids de ce critère au profit du contenu.

 

Q : Quels sont les risques liés à ces nouvelles extensions ?

SV : Le premier risque identifié est, comme pour les domaines classiques, le cyber-squating et autant de paramètres à surveiller pour les entreprises désireuses de protéger leurs noms et marques.

BL : Les nouvelles extensions sont une bonne opportunité, mais il faut cependant évaluer celle que vous allez choisir. Si au départ chacune a les mêmes chances en termes de visibilité et de référencement qu’une extension classique, nombreuses sont les extensions qui risquent un jour de se voir pénalisées. Il n’est pas encore dit que Google évalue la qualité d’un registre et de ses domaines, mais cela pourrait arriver rapidement.

Logiquement les moteurs de recherche vont privilégier les vrais univers numériques et non les garages à domaine. Aujourd’hui il est relativement facile d’identifier les vraies qualités d’une extension : leur prix, le volume de pages parking…

Les extensions géographiques quant à elles sont très surveillées et bénéficient de facto d’un capital sérieux important (.bzh, .paris, .alsace, .corsica).

En conclusion, privilégiez les extensions qui travaillent leur espace numérique et ont des politiques de registre cohérentes, sérieuses et stables (les extensions géographiques ou des .blog .club…) et fuyez les extensions génériques dont le volume est trop faible pour garantir une pérennité et une stabilité (notamment du prix) ainsi que les extensions gratuites ou vendues pour quelques centimes, elles sont des nids à pages parking, donc potentiellement sanctionnables par l’algorithme de Google à terme.

SV : A l’origine toutes les extensions sont égales, mais l’épreuve du temps et leurs usages en feront très certainement des variables d’ajustement pour les moteurs.

BL : Pour reprendre un fait d’actualité, on a assisté au flash crash boursier de Vinci fin novembre. Si on regarde dans le détail comment ça s’est passé, les sites de bourse, les rédactions et les traders ont été trompés par deux faux communiqués de presse émanant d’adresses email @vinci.group domaine appartenant à un particulier en Hollande.

Pour des groupes de cette taille-là, je trouve incroyable que des extensions de ce type (.group .global .international .trade .news…) ne soient pas verrouillées par un dépôt du domaine, ou par des solutions de type DPML. Il n’est pas nécessaire de tout déposer, un vinci.bike ou vinci.win qui a peu de crédibilité ni d’intérêt dans ce cas. J’aurais tendance à leur recommander aussi de déposer vinci en .alsace .bzh .corsica et .paris après tout ils ont des projets dans ces territoires, dont certains sont contestés (GCO en Alsace)...

Enfin, de nombreuses grandes entreprises se demandaient quel était l’intérêt des extensions dites .brand ou corp TLD (extensions fermées à l’usage exclusif du titulaire, exemple : .bnpparibas .mma ou .hermes). En voici une parfaite illustration : si Vinci avait un .vinci et avait transformé tous ses emails sous la forme @email.vinci ou @finance.vinci, peut-être que cette escroquerie n’aurait pas marché, ou moins bien… Sans parler bien entendu des sites dédiés, par exemple investisseurs.vinci ou actionnaire.vinci. 

Simon Vissol
Directeur Conseil SEO
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